La gestion des compétences

La direction des ressources humaines (DRH) du MSPRH gère son personnel et les spécialistes affectés aux hôpitaux ; les hôpitaux quant à eux, gèrent leurs propres ressources. Néanmoins, au niveau central, au niveau des DSP, et dans les établissements de santé, les problèmes suivants ont été identifiés :

  • Absence de procédures et d’indicateurs (ou normes) de gestion du personnel : le travail se base sur des procédures et des textes réglementaires de la Fonction Publique ;
  • Gestion manuelle de la majorité des activités liées à la gestion des ressources humaines (notamment la planification et l’affectation de ces ressources) ;
  • Absence d’un Système d’information sur les ressources humaines (SIRH), bien que certains établissements utilisent des solutions individuelles ;
  • Multiplicité des données collectées sur les ressources humaines au niveau des DSP avec des demandes émanant de la direction de la planification ou d’autres sous-directions pour leurs statistiques.

Partant de ces constats, un diagnostic détaillé des procédures de gestion des ressources humaines doit être mené. C’est un préalable à la formulation de recommandations pour l’amélioration et la standardisation des procédures de gestion des ressources humaines. Il constitue un élément clé de la mise en œuvre des différents projets proposés dans le cadre du Programme, y compris pour le déploiement d’un système d’information sur les ressources humaines.
Dans ce contexte, la normalisation des effectifs médicaux et paramédicaux constitue une priorité d’action pour une meilleure planification des ressources humaines. L’élaboration des plans de gestion de ces ressources doit être améliorée pour permettre aux établissements de fonctionner de façon adéquate. La nomenclature de certains postes, nécessaires au fonctionnement du système de la santé mais inexistants dans la fonction publique, est un problème récurrent. Par ailleurs, les responsabilités entre les différents corps d’emploi sont souvent mal définies et le besoin de clarification a été exprimé par les structures visitées.
Il n’y a ni procédures ni outils pour l’élaboration des descriptions de postes ou de fonctions aux niveaux des établissements, ni même au niveau central du MSPRH. Un appui ciblé du programme aidera à la mise en œuvre des outils appropriés d’évaluation de performance du personnel.
La disponibilité et les compétences limitées du personnel paramédical sont des problèmes généralisés à tous les établissements. Le développement de nouveaux services, l’apparition de nouvelles professions paramédicales et la construction de nouvelles structures de santé sont autant de facteurs qui raréfient la ressource disponible pour les établissements publics. L’Institut national pédagogique de formation paramédicale (INPFP) doit ouvrir vingt-trois nouvelles écoles de formation et élaborer de nouveaux programmes, particulièrement pour les métiers de la réadaptation. L’Institut sera appuyé par le Programme dans l’élaboration des projets d’établissements et le développement des programmes de formation.
L’obtention d’un diplôme, ou d’un titre, sur la base des aptitudes et des connaissances acquises au travers de l’expérience professionnelle est un dispositif qui n’existe pas encore en Algérie. A l’instar des pays européens, la validation des acquis de l’expérience est une voie innovante d’acquisition d’une certification professionnelle, parce que les diplômes et les titres ne doivent pas être définis uniquement en termes de contenus de programmes, mais aussi en termes de maitrise d’activités, de compétences et de connaissances liées à l’exercice professionnel. L’Algérie s’inscrit dans cette nouvelle dynamique par des réformes engagées en matière de formation ; le MSPRH sera appuyé par le Programme pour les mettre en œuvre dans le domaine de la santé.
En conclusion, l’état des lieux a permis d’identifier sept axes de travail pour la composante gestion des ressources humaines. Ces projets impliquent le personnel du MSPRH, notamment celui de la direction des ressources humaines, celui de l’INPFP ainsi que de certains CHU.