Transition épidémiologique

En Algérie, la transition épidémiologique se traduit par une charge de plus en plus importante sur le système de santé due aux maladies non-transmissibles (MNT). Les MNT représentent aujourd’hui 58,6% des causes de mortalité contre 22,7% pour les maladies transmissibles selon l’étude TAHINA réalisée en 2005. Aussi est-il impératif de développer et de mettre en place une stratégie de lutte intégrée contre ces pathologies et contre les facteurs de risque.
Lors de la rencontre du 5 mai 2011 avec les directeurs généraux des CHU et le Secrétaire général, ce dernier a demandé à l’Unité d’appui au programme de visiter les quinze CHU du pays afin de faire un état de lieu par rapport à l’élaboration des Projets d’établissement hospitalier (PEH). Durant ces visites, l’UAP a pu relever une série de contraintes qui ont été exprimées par tous les hôpitaux :

  • débordement des CHU par des activités qui auraient dues être conduites par les EPSP ;
  • règlements, décrets et normes inadaptés et obsolètes (indicateurs, gestion des ressources humaines, enveloppe budgétaire etc.) ;
  • absence de contrôle de la gestion du personnel de santé en fonction de leurs besoins et difficultés ou impossibilité d’embauche de personnel avec des profils autres que soins de santé ;
  • communication déficiente avec le niveau central ; en particulier, les décisions prises par le niveau central sont le plus souvent non pertinentes avec leurs besoins.

Les contraintes exprimées par l’ensemble des CHU requièrent des actions essentiellement politiques :

  • clarification de la politique nationale de santé et finalisation de la loi sanitaire ;
  • modification des statuts des hôpitaux pour une gestion et un financement en fonction des activités et de la performance ;
  • mise en place de la carte sanitaire pour une meilleure cohérence de proximité entre les différents niveaux du système de santé ;
  • décentralisation de la gestion des ressources humaines dans les établissements, notamment dans le domaine de la formation afin de répondre de manière flexible aux besoins ;
  • mise en place d’un système d’information sanitaire performant ;
  • amélioration de la communication entre les différents niveaux du système de santé.

Une assistance technique est déjà assurée dans plusieurs CHU du fait de l’état avancé de leur PEH, et sera poursuivi pour quelques-uns d’entre eux au cours de la période de mise en œuvre du programme.
Seuls quelques CHU (tels ceux de Sétif, de Tlemcen, de Constantine, de Tizi-Ouzou auxquels il faut ajouter l’EHU d’Oran) ont entamé une réflexion sur l’évaluation de la qualité des soins et l’assurance qualité. Il n’existe cependant aucune cellule qualité formelle au sein des CHU (ni même au MSPRH), même si des équipes sont impliquées dans des recherches dans ce domaine. Aussi est-il apparu judicieux d’assurer dans le cadre du Programme la mise en œuvre d’activités d’expertise dans ce domaine, afin d’initier une politique d’assurance qualité avec pour perspective, à plus long terme, de mettre en place un système d’accréditation des hôpitaux, autant publics que privés.